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Vision board, bilans de fin d’année et injonction à se projeter : et si on arrêtait de faire semblant ?


À l’approche de la fin de l’année, les réseaux sociaux se remplissent de bilans, de listes d’objectifs et de vision boards pour l’année à venir.

2026 n’a même pas encore commencé qu’elle semble déjà devoir être pensée, organisée, maîtrisée.

Des images léchées.

Des mots forts.

Des projets affichés, parfois spectaculaires.

Et au milieu de tout cela, une question que je me pose de plus en plus souvent :

pour qui sont réellement construits ces projections ?

  1. Quand l'introspection devient une vitrine

  2. L'obligation tacite d'avoir un plan

  3. Le risque de la comparaison silencieuse

  4. Et si on changeait de regard sur cette fin d'année ?


  1. Quand l’introspection devient une vitrine

À l’origine, se projeter, faire un bilan, imaginer la suite… sont des démarches profondément personnelles.

Elles invitent au recul, à l’honnêteté avec soi-même, parfois au doute aussi.

Mais à force de les exposer, de les comparer, de les publier, quelque chose se déplace.

Ce qui devait être intime devient visible. Ce qui devait être sincère devient parfois performatif.

On ne se demande plus seulement ce que l’on veut vraiment, mais aussi — consciemment ou non — comment cela va être perçu.

Est-ce que ce projet est désirable ? Est-ce qu’il fait rêver ? Est-ce qu’il renvoie une image de moi suffisamment ambitieuse, inspirante, réussie?

Et parfois, on en vient à se demander si certains projets ont été pensés pour être vécus… ou simplement pour être montrés.


  1. L’obligation tacite d’avoir un plan

À cette période de l’année, ne pas avoir d’objectifs clairs peut presque donner l’impression d’être en retard.

Comme si ne pas savoir était un manque.

Comme si le flou n’avait pas sa place.

Or, tout le monde n’est pas dans une phase de projection.

Certaines personnes sont fatiguées.

D’autres sont en transition.

D’autres encore sont en train de digérer une année éprouvante, une rupture, une remise en question.

Et c’est parfaitement légitime.

Se projeter n’est pas toujours possible, ni souhaitable.

Parfois, la seule chose à faire est de se poser, de comprendre ce qui a été traversé, de réparer ce qui a été fragilisé.


  1. Le risque de la comparaison silencieuse

Ces projections affichées ont aussi un effet pervers : celui de la comparaison.

On regarde les projets des autres et, en creux, on mesure ce que l’on n’a pas encore.

Ce que l’on n’ose pas.

Ce que l’on n’est pas prêt à formuler.

Cela peut renforcer un sentiment d’insuffisance, de décalage, voire de culpabilité :

« Je devrais avoir envie de plus. » « Je devrais être plus clair(e) sur mes objectifs. » « Je devrais être à un autre endroit. »

Mais la vie n’avance pas en ligne droite.

Et les fins d’année ne sont pas toujours synonymes d’élan ou de renouveau immédiat.


  1. Et si on changeait de regard sur cette fin d’année ?

Et si, au lieu de chercher à tout prix à projeter l’année suivante, on s’autorisait autre chose ?

  • Faire le point sur ce qui a été difficile, sans chercher à le transformer immédiatement en leçon.

  • Reconnaître ce qui a coûté de l’énergie.

  • Nommer ce qui ne fait plus sens.

  • Accepter de ne pas encore savoir ce qui vient après.


Peut-être que cette fin d’année n’est pas faite pour construire un vision board.

Peut-être qu’elle est simplement là pour faire de la place.

De la place pour soi.

De la place pour le silence.

De la place pour des questions encore ouvertes.


Se projeter, oui… mais à son rythme

Se projeter n’est pas un engagement public.

Ce n’est pas un contrat signé devant les autres.

C’est un dialogue intérieur.

Et parfois, ce dialogue commence par une phrase très simple :

« Aujourd’hui, je ne sais pas encore. »

Et c’est déjà beaucoup.

« Et demain ? »

Pour demain je vous invite à lire le post de Marie ROBERT Philosophyissexy du 28.12.2025 «Ceci est une promesse».

Comme toujours Marie a les mots justes, je n'aurais pas dit mieux, alors je vous les partage.

Et je vous souhaite de les lire.


 
 
 

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