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Réussite vs Succès : Quand on confond la destination et le chemin.

Dans mon dernier article, je vous parlais de la peur de l'échec.

Cette peur qui paralyse, qui empêche de choisir, qui nous maintient dans l'immobilité sous prétexte de ne pas se tromper.

Mais aujourd'hui, j'ai envie d'aller plus loin.

Parce qu'il y a une question qui sous-tend toutes ces peurs, toutes ces hésitations :

Qu'est-ce que « réussir », au juste ?

Parce que si l'on a peur d'échouer, c'est bien qu'on a une certaine idée de ce que serait la réussite.

Et c'est là que tout se complique.

Dans nos esprits — et surtout dans notre société —, nous avons appris à confondre deux notions fondamentalement différentes : la réussite et le succès.

Deux mots qu'on utilise de manière interchangeable, alors qu'ils désignent deux réalités radicalement différentes.

Et cette confusion ? Elle peut nous coûter très cher.


Sommaire

  1. Le succès : quand le regard des autres dicte notre chemin

  2. La réussite : quand votre boussole intérieure reprend le contrôle

  3. Les 3 piliers de la réussite

    1. L'authenticité : être soi, vraiment

    2. La contribution : créer un impact qui nous dépasse

    3. L'équilibre : la vie n'est pas une course, c'est une danse

  4. Trouver son équilibre : ni tout blanc, ni tout noir

  5. Les pièges à éviter

    1. Piège n°1 : Le succès sans réussite

    2. Piège n°2 : La réussite sans succès

Alors, quelle est VOTRE définition de la réussite ?



  1. Le succès : quand le regard des autres dicte notre chemin

Le succès, c'est ce qu'on peut mesurer, afficher, comparer.

C'est le nombre de zéros sur votre fiche de paie, le titre sur votre badge, votre carte de visite, les likes sur vos posts LinkedIn, la taille de votre bureau ou la marque de votre voiture.

C'est tangible, quantifiable, et surtout : visible.


Brené Brown, chercheuse reconnue pour ses travaux sur la vulnérabilité et le courage, a longuement étudié ce qu'elle appelle la « culture de la perfection » dans laquelle le développement des réseaux sociaux à jouer un rôle pernicieux.

Dans cette culture, notre valeur se mesure à nos accomplissements externes, à notre capacité à cocher des cases socialement validées.

Décrocher le bon diplôme.

Intégrer la bonne entreprise.

Avoir le bon salaire.

Afficher des symboles de réussite souvent matérialistes.

Cette culture nous pousse dans une course effrénée où l'erreur n'est pas permise, où chaque choix doit être « parfait », où s'écarter du chemin tracé devient terrifiant.

C'est exactement ce dont je parlais dans mon article sur l'échec : cette paralysie qui nous empêche de choisir, de peur de ne pas être à la hauteur.


Le problème ? Ces cases « parfaites » ne sont pas les nôtres.

Ce sont celles que la société, notre famille, notre environnement personnel et professionnel ont dessinées pour nous. Des chemins tout tracés qui ne nous laissent aucune place pour l'expérimentation, le détour, ou simplement… nous-mêmes.


Vous connaissez cette sensation ?

Celle d'avoir tout « réussi » sur le papier — le bon job, le salaire qui va avec, la reconnaissance de vos pairs — mais de vous sentir étrangement vide à l'intérieur ?


Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post, en a fait l'expérience brutale. Pour la petite anecdote, avant la reconnaissance mondiale, il y a eu 37 refus. Trente-sept éditeurs qui ont dit non à son deuxième livre. Mais Arianna avait reçu de sa mère un cadeau précieux : une vision de l'échec non pas comme une sentence, mais comme une étape. Elle a persévéré, trouvé un éditeur, construit son empire médiatique. Et puis, en 2007, au sommet de ce succès si durement acquis, elle s'est effondrée d'épuisement. Elle s'est réveillée dans une mare de sang, la pommette fracturée après être tombée de fatigue sur son bureau.

Dans son livre Thrive, elle écrit :

« J'avais réussi selon toutes les mesures conventionnelles, mais j'avais échoué selon toutes les mesures qui comptent vraiment. »

Depuis, elle est devenue une fervente défenseure du bien-être au travail, martelant que

« le burnout ne doit pas être le prix à payer pour réussir ».

Son histoire illustre parfaitement le piège du succès externe : chaque victoire déclenche une décharge de dopamine, mais comme toute drogue, elle nécessite des doses toujours plus importantes pour le même effet. Plus de reconnaissance, plus d'argent, plus de pouvoir.

Un cycle sans fin qui ne mène jamais à la satisfaction durable.


  1. La réussite : quand votre boussole intérieure reprend le contrôle

La réussite, elle, c'est tout autre chose.

C'est cette sensation profonde d'alignement. Ce moment où vous vous couchez le soir en sachant que votre journée avait du sens. Pas forcément parce que vous avez décroché un gros contrat ou reçu des félicitations, mais parce que vos actions étaient en cohérence avec ce qui compte vraiment pour vous.

Dans mes accompagnements, je rencontre régulièrement des personnes qui ont « tout pour réussir » sur le papier… et qui se sentent pourtant perdues. Comme Élise, dont je vous parlais dans mon dernier article, paralysée à l'idée de choisir. Ou Sophie, qui hésite à postuler en interne de peur d'essuyer un quatrième refus.

Ce que ces personnes ont en commun ? Elles ont construit leur trajectoire sur des critères de succès externe… sans jamais se demander ce que signifiait la réussite pour elles.


  1. Les 3 piliers de la réussite

Pour moi, la vraie réussite repose sur trois piliers fondamentaux :


a. L'authenticité : être soi, vraiment

Vivre selon ses valeurs profondes plutôt que selon les attentes extérieures. Cela signifie se poser les vraies questions :

Pourquoi est-ce que je me lève le matin ?
Qu'est-ce qui donne du sens à ma vie ?
Mes choix reflètent-ils ces réponses ?

Quand je travaille avec des jeunes en orientation, je vois souvent cette tension : ils veulent faire plaisir à leurs parents, répondre aux attentes sociales, choisir une voie « raisonnable ». Mais leur boussole intérieure pointe ailleurs.

Et cette dissonance crée un mal-être profond, même quand tout semble « réussir » de l'extérieur.


b. La contribution : créer un impact qui nous dépasse

Viktor Frankl, psychiatre et survivant des camps de concentration nazis, a écrit l'un des livres les plus puissants sur la quête de sens : Man's Search for Meaning.

Son constat, tiré des pires circonstances imaginables, est universel : l'être humain a besoin de quelque chose qui le dépasse pour trouver un sens à sa vie. Ce n'est pas le bonheur qu'il faut chercher directement, mais le sens. Et le bonheur en découle naturellement.

Pour lui, la réussite authentique implique de contribuer à quelque chose de plus grand que soi, que ce soit à travers son métier, ses relations ou son engagement. Ce n'est pas une question de grandeur ou de visibilité.

C'est une question de sens.

De savoir que votre passage sur cette terre laisse une trace, aussi modeste soit-elle.


c. L'équilibre : la vie n'est pas une course, c'est une danse

Si vous imaginez votre propre éloge funèbre, que voudriez-vous qu'on dise de vous ?

Qu'il était toujours au bureau, qu'il a enchaîné les promotions, qu'il avait le meilleur salaire de sa promo ?

Ou

Qu'elle était présente pour les siens, généreuse, épanouie, qu'elle vivait pleinement ?

La réponse à cette question dit tout de votre définition de la réussite.


Et pourtant, combien d'entre nous construisons notre vie quotidienne en total décalage avec cette réponse ?


  1. Trouver son équilibre : ni tout blanc, ni tout noir

Attention : je ne suis pas en train de dire qu'il faut renoncer au succès externe pour être heureux.

Le monde n'est pas binaire.

Vous pouvez aspirer à la reconnaissance professionnelle ET rester fidèle à vos valeurs.

Gagner bien votre vie ET avoir une vie équilibrée.

L'un n'exclut pas l'autre.

L'idée, c'est de redéfinir le succès « avec vos propres termes ».

De choisir consciemment quels critères externes importent vraiment pour vous, et lesquels vous vous imposez par peur du regard des autres.


La vraie liberté, c'est de pouvoir choisir ses priorités en connaissance de cause, avec lucidité.

C'est de savoir pourquoi vous courez, et pas seulement de courir parce que tout le monde court autour de vous.


  1. Les pièges à éviter


a. Piège n°1 : Le succès sans réussite

C'est le burn-out doré.

Vous avez tout ce que les autres vous envient : le poste prestigieux, le salaire confortable, la reconnaissance.

Mais à l'intérieur, c'est le vide.


Daniel Pink, dans son livre Drive, a étudié ce qui motive vraiment les êtres humains.

Sa conclusion est claire :

au-delà d'un certain seuil de confort matériel, ce qui nous fait avancer, ce n'est pas l'argent ou la reconnaissance externe (motivation extrinsèque), mais trois choses : l'autonomie, la maîtrise et le sens (motivation intrinsèque).

Quand on ne nourrit que la motivation extrinsèque — les bonus, les promotions, les félicitations — on s'épuise.

Parce que ce carburant ne dure jamais bien longtemps.

Les symptômes du succès sans réussite :

•      Syndrome de l'imposteur permanent

•      Sensation de jouer un rôle, de porter un masque

•      Épuisement émotionnel malgré les « victoires »

•      L'impression de vivre la vie de quelqu'un d'autre


Je le vois régulièrement en bilan de compétences : des cadres qui ont « tout réussi » selon les critères conventionnels… et qui viennent me voir parce qu'ils ne se reconnaissent plus.


b. Piège n°2 : La réussite sans succès

C'est l'autre extrême, tout aussi dangereux. Vous êtes aligné avec vos valeurs, épanoui… mais en difficulté financière chronique, socialement isolé, ou incapable de concrétiser vos projets parce que vous n'avez jamais appris à « jouer le jeu » un minimum.

Les symptômes de la réussite sans succès :

•      Précarité matérielle qui génère du stress constant

•      Isolement social (« personne ne me comprend »)

•      Difficulté à avoir un impact faute de moyens ou de réseau

•      Frustration de ne pas pouvoir aller au bout de ses idées


L'équilibre à trouver : un minimum de réussite extérieure est nécessaire pour avoir l'espace mental et les ressources qui permettent de vivre selon ses valeurs sur le long terme.


Rejeter le succès en bloc, c'est souvent se condamner à une forme de précarité qui finit par éroder la réussite intérieure.


Alors, quelle est VOTRE définition de la réussite ?

Dans mon dernier article, je parlais de la peur de l'échec. De cette paralysie qui nous empêche de choisir.

Aujourd'hui, je crois pouvoir dire que si cette peur est si forte c'est parce que nous avons une définition trop étroite et orientée de ce qu'est « réussir ».


Si réussir, c'est uniquement obtenir un diplôme prestigieux dans une école prestigieuse, décrocher le bon poste, gagner un certain salaire… alors oui, chaque choix devient terrifiant.

Parce qu'il n'y a qu'un seul chemin possible.

Et si on s'en écarte, inévitablement on échoue.


Mais si la réussite, c'est vivre en accord avec ses valeurs, contribuer à quelque chose qui nous dépasse, et cultiver un équilibre qui nous nourrit… alors les chemins deviennent multiples.

Et l'échec, lui, n'est plus une fin en soi.

C'est une étape, un ajustement.


Le succès vous sera toujours vendu par la société, les médias, votre entourage.

Il est visible, mesurable, facile à comparer.

La réussite, elle, est invisible.

Elle se vit de l'intérieur.

Elle ne se compare pas,.

Elle se ressent.


Mon invitation pour vous aujourd'hui :

Prenez une heure cette semaine. Coupez votre téléphone. Sortez de chez vous si besoin.

Et posez-vous cette question :

« Si je mourais demain, qu'est-ce que je regretterais de ne pas avoir fait, vécu, ou dit ? »

La réponse à cette question contient votre définition personnelle de la réussite.

Pas celle de vos parents,.

Pas celle de votre boss.

Pas celle de votre feed Instagram ou de votre compte LinkedIn.

La vôtre.

Et peut-être qu'avec cette définition en tête, choisir deviendra un peu moins effrayant.

Parce qu'au fond, ce n'est pas l'échec qui nous retient. C'est de ne pas savoir vers quoi on court.


Et vous, quelle est votre définition de la réussite ?

Partagez-la en commentaire, j'ai hâte de vous lire.


 
 
 

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