Quand l’orientation devient une course… de fond
- Camille DE JESUS
- 16 janv.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 janv.

Nous sommes en janvier.
Les salons d’orientation se succèdent et affichent complet, les coachs scolaires multiplient les posts LinkedIn, et dans les familles, la pression monte.
Les échéances approchent, les conversations tournent en boucle autour des mêmes phrases :
« Il faut qu’il sache ce qu’il veut faire de sa vie. »
« Elle n’a toujours pas de projet professionnel… »
« On est déjà en retard. »
Mais en retard par rapport à quoi, exactement ?
Si votre adolescent ne sait pas encore précisément ce qu’il veut faire, respirez.
Ce n’est ni anormal, ni inquiétant.
C’est même, bien souvent, profondément sain.
Parce que se chercher, hésiter, douter, faire des allers-retours… fait partie intégrante du processus de construction.
L’orientation n’est pas une ligne droite.
Et encore moins une course.
Sommaire
Parcoursup impose un cadre... pas un sens
Choisir trop vite, c'est souvent choisir à côté
Entre 15 et 18 ans tout ce ne se décide pas mais beaucoup se prépare
Ralentir maintenant pour avancer plus juste
Mon rôle : remettre du sens dans le processus
1. Parcoursup impose un cadre… pas un sens
Soyons honnêtes : oui, il y a une deadline. Parcoursup ne se décale pas, ne s’adapte pas aux états d’âme, et le calendrier est ce qu’il est.
Mais le vrai sujet n’est pas la plateforme.
Le vrai sujet, c’est la manière dont on l’aborde.
Trop souvent, Parcoursup est découvert dans l’urgence.
On coche des cases, on remplit des vœux « raisonnables », « sécurisants », parfois par défaut.
Non pas parce que le projet est clair, mais parce qu’il faut bien choisir quelque chose.
Et derrière cette urgence, il y a souvent autre chose : des peurs d’adultes.
La peur de l’échec.
La peur de la précarité.
La peur que notre enfant se trompe, qu’il souffre, qu’il emprunte un chemin jugé trop risqué, trop éloigné, trop différent.
Ces peurs sont compréhensibles. Mais lorsqu’elles prennent trop de place, elles finissent parfois par guider les choix… à la place de l’adolescent.
2. Choisir trop vite, c’est souvent choisir à côté
Résultat ?
Des décisions prises dans la précipitation.
Des choix par élimination plutôt que par conviction.
Des « on verra bien après ».
Sauf qu’après, ce sont parfois des décrochages en première année, des réorientations à répétition, un sentiment diffus d’être passé à côté de quelque chose.
Et ce « après », je le rencontre régulièrement, quelques années plus tard, en bilan de compétences, chez des adultes qui me disent :
« En fait, je n’ai jamais vraiment choisi. »
Ce constat n’est pas une fatalité.
Mais il nous invite à regarder autrement ce qui se joue… bien plus tôt que l’échéance imposée par Parcoursup.
3. Entre 15 et 18 ans, tout ne se décide pas… mais beaucoup se prépare
Ce n’est pas un hasard si cette période cristallise autant de tensions.
Entre 15 et 18 ans, les premières décisions structurantes apparaissent : choix de spécialités, de filières, d’orientations, parfois même de renoncements. Tout ne se joue pas à cet âge-là, bien sûr.
Mais beaucoup s’y prépare.
La grande différence aujourd’hui, c’est que les jeunes ne sont plus obligés d’avancer à l’aveugle.
Le bilan d’orientation est une chance inouïe.
Une chance que beaucoup de parents n’ont pas eue à leur époque, où l’on choisissait souvent :
par défaut,
par élimination,
ou sous l’influence du système, des résultats scolaires ou de l’entourage.
Accompagner un adolescent à ce moment-clé, ce n’est pas lui demander de savoir ce qu’il fera toute sa vie.
C’est lui permettre d’être préparé.
Préparé à se connaître.
À comprendre ses forces, ses modes de fonctionnement, ce qui le met en énergie.
À identifier ce qui fait sens pour lui, au-delà des notes et des injonctions.
Et surtout, c’est éviter que l’orientation ne devienne une succession de “mauvais paris”.
Car se tromper d’orientation a un coût, souvent sous-estimé.
Ce n’est pas seulement une question de temps ou d’argent.
C’est aussi :
de l’énergie perdue,
une estime de soi fragilisée,
une confiance en soi qui s’effrite,
parfois un sentiment d’échec ou de déclassement,
des tensions familiales inutiles.
Prendre le temps de clarifier maintenant, ce n’est pas figer un avenir. C’est donner à un jeune des clés pour faire des choix plus conscients, plus alignés et plus sereins — aujourd’hui comme demain.
4. Ralentir maintenant pour avancer plus juste
Le paradoxe est là : pour être prêt à la deadline, il faut souvent ralentir avant.
Ralentir pour se poser les bonnes questions.
Ralentir pour mieux se connaître.
Ralentir pour sortir de l’urgence.
Ralentir aussi pour remettre du sens avant de parler de formations, d’écoles ou de débouchés — au-delà des notes, des attendus et des classements.
Votre ado est bien plus que son bulletin scolaire.
Un projet solide ne se construit pas uniquement à partir de cases à cocher.
Il se construit à partir de soi : de ses forces réelles, de ce qui met en mouvement, de sa personnalité, de ses valeurs, de sa manière d’apprendre et de fonctionner.
Un jeune qui se connaît fait des choix plus cohérents.
Un jeune sous pression fait des choix par élimination, par défaut.
5. Mon rôle : remettre du sens dans le processus
Mon accompagnement en bilan d’orientation n’est ni une solution miracle, ni un raccourci.
Mais ce n’est pas non plus une introspection sans fin.
C’est un espace structuré et sécurisant, où l’adolescent peut réfléchir sans pression, sans jugement, sans obligation de “savoir déjà”.
Un temps pour comprendre qui il est, ce qu’il aime, comment il fonctionne.
Et seulement ensuite, traduire cela de manière cohérente et stratégique sur Parcoursup.
Parce qu’arriver sur la plateforme en sachant mieux qui l’on est change tout.
On ne subit plus la deadline.
On l’utilise.
Prendre le temps… pour en gagner ensuite
Entre maintenant et les échéances de mars, il y a encore du temps.
Du temps pour réfléchir.
Du temps pour explorer.
Du temps pour ne pas transformer Parcoursup en simple formulaire administratif.
Prendre ce temps n’est pas un luxe.
C’est souvent la condition pour choisir plutôt que subir.
Si vous avez envie d’offrir à votre adolescent cette chance de se poser, de mieux se connaître et de faire des choix plus éclairés, je vous invite à me contacter. Un premier échange, sans engagement, pour voir ce que cet accompagnement pourrait lui apporter.
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