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Le deuil professionnel : comprendre, traverser, se reconstruire


Il y a des mots qui semblent trop lourds pour être associés au monde du travail.
Le mot “deuil” en fait partie.

Pourtant, c’est bien ce que vivent de nombreuses personnes lorsqu’un événement professionnel vient briser une trajectoire, une identité, ou un équilibre.

Un sujet tabou ? Peut-être.
Un sujet réel ? Absolument.

Dans ma pratique, je rencontre régulièrement des personnes qui, même des années après un licenciement, un conflit éthique, une démission forcée ou une rupture professionnelle brutale, continuent d’en porter la trace. L’impact est souvent sous-estimé, parfois nié, mais il peut être profond : perte de confiance en soi, sentiment de décalage, perte de repères, pression sociale, incertitude financière, solitude, voire dépression.

Le travail occupe une telle place dans notre vie que lorsqu’il s’effondre ou devient toxique, une partie de nous vacille avec lui.

Et contrairement à ce que l’on croit souvent, le deuil professionnel ne se résume pas à la perte d’un poste. Il peut toucher toute rupture avec ce qui faisait sens, appartenance ou identité.


Sommaire

1. Qu’est-ce que le deuil professionnel ?

2. Les étapes du deuil professionnel

3. Comment surmonter un deuil professionnel ?

1. Qu’est-ce que le deuil professionnel ?

Le deuil professionnel survient lorsqu’un événement au travail vient remettre en question notre place, notre valeur ou la continuité de notre parcours. Il s’agit d’un processus émotionnel, cognitif et parfois identitaire qui se déclenche lorsque quelque chose d’important se brise dans notre vie professionnelle.

Il peut prendre plusieurs formes :

  • Le manque de reconnaissance de la hiérarchie : lorsque le travail fourni, les efforts, l’engagement ne sont jamais vus, valorisés ou pris en compte.

  • La maltraitance au travail : remarques humiliantes, attitudes condescendantes, comportements de domination.

  • La toxicité managériale : manipulation, pression, double discours, exigences contradictoires.

  • Les changements structurels ou stratégiques : un poste qui disparaît, une équipe qui éclate, un manager de référence qui part.

  • Le licenciement ou la mise au placard : rupture brutale ou lente érosion du lien professionnel.

  • Les conflits éthiques : lorsqu’il devient nécessaire de choisir entre son poste et ses valeurs, entre loyauté et intégrité.

Le point commun : un avant et un après. Quelque chose se rompt, et il faut composer avec ce vide.

 

 

2. Les étapes du deuil professionnel

Le deuil professionnel n’est pas très différent d’un deuil personnel. Les étapes sont similaires, mais elles s’expriment dans un contexte particulier : celui du travail, de la carrière, de la performance et du regard social.


Voici les étapes principales, adaptées au contexte professionnel, chacune accompagnée d’un exemple.

Etape n°1 : Le choc

C’est l’annonce brutale : une restructuration, un départ imposé, un mail inattendu, une décision unilatérale.

Exemple : apprendre en quelques minutes que son poste est supprimé après 10 ans d’ancienneté.

Etape n°2 : Le déni

Un mécanisme de protection. On continue comme si de rien n’était, on minimise, on rationalise.

Exemple : “Ce n’est qu’un mauvais moment, ça va s’arranger, je dois juste tenir.”

Etape n°3 : La colère

Dirigée contre l’entreprise, la hiérarchie, les collègues… ou contre soi-même.

Exemple : “Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? J’ai tout donné.”

Etape n°4 : La tristesse

La perte devient tangible : perte de statut, de routine, d’équipe, d’identité.

Exemple : sentir un vide le matin en se levant, ne plus se reconnaître.

Etape n°5 : La négociation

Chercher à comprendre, réécrire l’histoire, imaginer ce qui aurait pu être fait autrement.

Exemple : revenir mentalement sur des conversations, des choix, des erreurs supposées.

Etape n°6 : L’acceptation

Le moment où l’on reconnaît ce qui s’est passé, où l’on cesse de lutter contre la réalité.

Exemple : commencer à regarder d’autres pistes, recontacter son réseau, respirer un peu plus librement.

Etape n°7 : La reconstruction

L’étape où l’avenir reprend forme.

Exemple : se former, rencontrer de nouvelles personnes, envisager un autre chemin.

 

3. Comment surmonter un deuil professionnel ?

Un deuil professionnel ne se traverse pas seul. Il nécessite souvent un cadre, un espace d’expression, une structure pour avancer.


Voici les leviers les plus efficaces.

Se faire accompagner

Parler de ce que l’on traverse est essentiel. Que ce soit avec des proches, des amis ou un professionnel de l’écoute, mettre des mots sur ce que l’on vit permet de relâcher la pression, de normaliser ses émotions et d’éviter l’isolement. Il n’y a aucune faiblesse à solliciter un soutien psychologique ou thérapeutique ; c’est au contraire une démarche mature, qui contribue à restaurer sa stabilité émotionnelle et à avancer plus sereinement.

Un consultant en développement de carrière ou un coach professionnel peut aussi vous aider à :

  • structurer les idées,

  • clarifier les besoins,

  • identifier les forces,

  • reconstruire un projet réaliste et épanouissant.


Analyser ses compétences et ses intérêts

Identifier ce qui constitue son socle professionnel permet de retrouver confiance et visibilité :

  • repérer les compétences transférables,

  • faire un bilan de parcours,

  • cibler des secteurs porteurs.


Redéfinir ses ambitions

Un deuil est aussi un pivot. Il ouvre la possibilité d’un repositionnement :

  • explorer de nouvelles opportunités,

  • envisager une reconversion,

  • sortir d’une logique de survie pour revenir à une logique de croissance.


Structurer le retour en action

Se mettre en mouvement progressivement :

  • établir un plan de recherche d’emploi avec objectifs hebdomadaires,

  • préparer des argumentaires pour les entretiens,

  • activer intelligemment les réseaux sociaux professionnels.


Renforcer son employabilité

Par l’apprentissage et l’ouverture :

  • suivre des formations certifiantes,

  • se fixer des objectifs d’apprentissage réguliers,

  • participer à des ateliers de networking,

  • utiliser les plateformes d’e-learning.

 

Se doter d’outils

Journal de bord professionnel, analyse de valeurs, grille de compétences, tableau d’objectifs, techniques de gestion du stress… autant de supports pour avancer de manière concrète.

 


Le deuil professionnel n’est pas un signe de faiblesse.

C’est la preuve que ce qui a été vécu comptait réellement.

Traverser cette période demande du courage, du soutien et une vision structurée.

Mais il existe toujours un après : un espace où l’on peut se réinventer, reconstruire du sens et retrouver une dynamique positive.

Le travail ne définit pas qui nous sommes.

Il n’est qu’une partie de notre histoire, pas l’ensemble de notre identité.

 


 
 
 

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